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LES DIABLOGUES
(La pièce n'est plus à l'affiche)
Pièce de Roland Dubillard
Mise en scène : Anne Bourgeois
Avec Jacques Gamblin et François Morel
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TH.ROND-POINT SALLE RENAUD BARRAULT
2b av. Franklin Roosevelt
75008 PARIS
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Genre :
Théâtre contemporain

Le sujet :
Si un individu vous affirme qu'il est une pendule, peut-être vaut-il mieux ne pas le contredire. Il doit avoir ses raisons. Après tout, on ne sait jamais. Dans Les Diablogues, Roland Dubillard réinvente à sa façon le dialogue de sourds. Prenez deux protagonistes, appelez les Un et Deux, et pour corser la chose donnez leur l'apparence de comédiens pince-sans-rire, comme Jacques Gamblin et François Morel, par exemple. Il n'y a plus qu'à les laisser s'expliquer avec les mots de l'auteur.
(Durée indicative : 1h20)
Superbe absurdité de l'ordinaire:
Gamblin et Morel dans les Diablogues de Dubillard: cette affiche m'a tout de suite paru évidente! En effet, leur physique de M. Tout le Monde, leur bonhomie nonchalante, semblaient parfaitement adaptés à ces deux personnages qui font de la philosophie sans le savoir !
Au centre de la scène, un dôme éclairé, dont ils font mine de se jeter, comme on se jette à l'eau. Est-ce la pierre philosophale qui va les faire plonger dans ces raisonnements logiques ou illogiques (on ne sait plus!) jusqu'à l'absurde. En toile de fond, un rideau constellé comme un ciel d'étoiles. Et les deux acteurs, dans le même costume gris, passe-partout, jumeaux scéniques de parties de ping pong verbal, de séances de jeux avec les mots. Réflexions banales de café du commerce, sophismes poussés à l'absurde (on finit par démontrer que si l'un d'eux n'aime pas la pluie, c'est qu'il craint la police!), les scènes se succèdent fortes, touchantes, poétiques,délicieusement décalées. Dans l'hilarité générale, on touche à la dérision, à l'absurdité de l'existence.
Deux acteurs complices, immenses, nous font (re)découvrir la richesse de ces textes follement drôles. Jeu sobre, juste, ajusté jusque dans les silences! Ils se complètent admirablement sans se faire de l'ombre. Le grand jeu, quoi! C'est superbe!
(Rose, Paris)
Excellent :
C’est dans un décor à l’éclairage lunaire où la toile de fond illustre le cosmos, l’espace étoilé aux figures géométriques que J. Gamblin et F. Morel apparaissent en costume gris, sobres, classiques…insignifiants. Ainsi, un univers froid, dépouillé soulignant l’impossibilité de contexte, va nous imposer un univers mathématique presque pascalien de l’infini ou de l’indéfini.
Et c’est parti ! Dès le match de ping-pong, les mots semblables à des balles, des gouttes, des bulles, s’échappent, s’éclatent, ricochent, driblent, on les suit des yeux comme pour aller nous-mêmes les ramasser au sol !
Le principe du contraste du binôme est simple : à chaque scène, distancé par un vouvoiement, l’un, troublé mais incisif, interroge et l’autre, vulnérable mais assuré, répond.
Des fins exercices de style où l’on s’accroche à ne pas se comprendre, ressort l’humour, la gravité, la fragilité et surtout l’absurdité, terrain propre à R. Dubillard. Et lorsque les mots s’invitent à la folie du jeu de nos conversations quotidiennes et anodines et nous piégent au point de nous rendre sourds…quel plaisir…mais aussi quelle amertume !
Au ping pong des mots succèdent souvent des silences, nourris par jeux de regards qui ponctuent avec pertinence l'absurdité de l'ensemble. Bravo !
(Claude, 51 ans, Courbevoie )
En synthèse :
Pour qui aime le genre, un ping-pong verbal absurde,
joué par deux comédiens de talent et complémentaires.