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UN TRAMWAY

Un tramway, avec Isabelle Huppert, Andrzej Chyra, Yann Collette...est une pièce de Tennessee Williams, mise en scène Krzysztof Warlikowski (durée 2h45).
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Du vendredi 05 février 2010 au samedi 03 avril 2010
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Le pitch :
Personne. Elle n'a plus nulle part où aller, où fuir ce qu'elle est devenue. Et son dernier refuge, dans un quartier populaire de la Nouvelle-Orléans, au bout de la ligne de ce tramway nommé Désir, est un petit appartement en rez-de-chaussée où la proximité des corps, nuit après nuit pendant des mois, finira par tourner au drame... Tennessee Williams avait le génie des titres. Les siens sont souvent inoubliables : La Chatte sur un toit brûlant, Un Tramway nommé Désir, La Nuit de l'iguane suggèrent tout de suite une atmosphère trouble, violemment sensuelle. Un Tramway nommé Désir fut créé au théâtre, puis adapté au cinéma par Elia Kazan, qui dirigea dans les deux cas le jeune Marlon Brando dans le rôle de Stanley Kowalski - incontestablement le plus célèbre Américano-Polonais du répertoire
Manque d'âme :
Le théâtre de l’Odéon nous a habitués aux adaptations de grandes œuvres du répertoire : après Hamlet il y a quelques semaines, voici Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams, ou ce qu’il en reste tant Warlikowski dans sa mise en scène remodèle la pièce d’origine.
Son Tramway est certes très érudit (et sûrement très intelligent) : des extraits de textes de Sophocle, de Platon....,des références bibliques, des chansons viennent ponctuer le texte de Williams. Les personnages évoluent dans un décor relativement épuré mais très élaboré : un bowling, pas grandeur nature mais presque, une plateforme vitrée suspendue au-dessus de la scène, l’extérieur et l’intérieur sur le même plateau…, on est assez loin de l’univers créé par Williams.
Etait-il nécessaire de remanier, d’alourdir ainsi le texte d’origine, si subtil et si riche ?
A vouloir transcender ce texte comme une tragédie universelle on en perd la profondeur humaine, émotionnelle, viscérale des personnages.
Dans ce décor propre et glacé, presque aseptisé, on oublie la moiteur étouffante dans laquelle baigne Un tramway nommé Désir, qui fait vaciller les corps et les âmes et qui exacerbe leur fragilité et leurs fêlures.
Et si la folie de Blanche (impeccable Isabelle Huppert), femme déchue, alcoolique, brisée est exploitée jusqu’aux tréfonds comme une descente aux enfers inéluctable, j’ai eu du mal à me laisser émouvoir.
A cette belle mécanique intellectuelle, il y manque comme un petit supplément d’âme !
Intéressant si on veut voir une grande actrice sur scène, mais très décevant si on recherche la magie troublante du chef d’œuvre de Tennessee Williams.
Patricia (Levallois)
En synthèse :
Isabelle Huppert nous donne à voir l'étendue de sa technique, mais
l'adaptation et la mise en scène dénaturent malheureusement ce chef d'oeuvre.